Incidents et accidents
en hémodialyse
Hypotension artérielle
Incident le plus fréquent : 20 à 30 % des séances.
Signes précurseurs : bâillements, flatulences, sueurs, verbalisation de malaise, nausées, tachycardie.
Conduite à tenir :
- Arrêter ou réduire l’UF, réduire la vitesse de la pompe à sang
- Mettre le patient en déclive
- Perfuser 100 à 200 ml de sérum physiologique
- Injecter une ampoule de NaCl hypertonique à 20 % si nécessaire (sur prescription)
- O₂ selon protocole du service
- Appeler le médecin
Prévention :
- Ne pas dépasser le poids sec du patient
- Pesées rigoureuses
- Éviter les antihypertenseurs avant la séance
- Ajuster le taux de Na du dialysat
Angor / Infarctus du myocarde
Facteurs aggravants : anémie, baisse de TA, hyperdébit dans la fistule.
Conduite à tenir :
- Prévenir le néphrologue
- UF au minimum, réduction du débit sanguin
- O₂ nasal + scope
- Trinitrine sublinguale selon protocole
- Si la crise persiste : arrêt de la dialyse, restitution, ECG + biologie (CPK, CPKMB, LDH)
Œdème aigu du poumon (OAP)
Étiologies : hypervolémie, insuffisance cardiaque, anémie, HTA non contrôlée, bêtabloquants, panne de la pompe UF.
Signes cliniques : dyspnée, cyanose, angoisse, douleurs thoraciques, toux avec expectorations rosées mousseuses, turgescence des jugulaires.
Conduite à tenir :
- Ultrafiltration en urgence (jusqu’à 2 L/h en UF isolée sur prescription)
- O₂ nasal (minimum 3 L/min)
- ECG, scope
Crampes musculaires
Étiologies : déshydratation extracellulaire, poids sec trop bas, UF excessive, faible concentration en Na/Ca/Mg dans le dialysat.
Conduite à tenir :
- Arrêt de l’UF
- NaCl hypertonique ou sérum physiologique sur prescription
- Réévaluation du poids sec
- Compresses chaudes sur le muscle contracturé, étirement mécanique
- Débranchement anticipé si le temps restant est court
Hémolyse aiguë
Étiologies : dialysat hypo/hypertonique, température du bain > 39 °C, contamination par formol/javel/nitrates, héparinisation insuffisante.
Signes cliniques : anxiété, sueurs, douleurs lombaires intenses et soudaines, crampes abdominales, sang d’aspect « gelée de groseille » dans le circuit, frissons, nausées, céphalées.
Conduite à tenir :
- Arrêt de l’UF, débranchement
- Traitement symptomatique
- Prélèvements d’eau, de dialysat et de sang pour identifier la cause
- Dosage des LDH plasmatiques pour quantifier l’hémolyse
Hyperkaliémie
Étiologies : non-respect du régime alimentaire, contexte post-opératoire, douleurs.
Signes : anomalies biologiques, manifestations cardiaques (ECG).
Conduite à tenir : branchement en urgence pour épuration.
Prévention : respect du régime, kaliémie systématique en post-opératoire chez tout patient dialysé.
Embolie gazeuse
Coagulation du circuit
Étiologies : entrée d’air dans le circuit extracorporel, débranchement non sécurisé, retrait accidentel du détecteur d’air.
Signes cliniques : polypnée, cyanose, asphyxie, troubles du rythme.
Conduite à tenir :
- Arrêt immédiat de l’UF
- Clampage des lignes artérielle et veineuse
- Patient en déclive
- O₂ thérapie
- Appeler médecin et SAMU
Rôle de l'IDE face aux incidents
En séance de dialyse, les incidents peuvent survenir à tout moment : chute de TA, hématome, fuite de sang, coagulation du circuit. L’IDE doit analyser la situation rapidement, intervenir avec efficacité et alerter le médecin si nécessaire.
Deux éléments amplifient le stress en situation d’urgence : l’angoisse du patient lui-même, qui attend une réponse rapide, et l’inquiétude des autres patients présents dans la salle.
La qualité des soins en dialyse repose sur une IDE organisée, rigoureuse et expérimentée, capable de gérer simultanément la technique, la relation soignant-soigné et l’environnement de la salle.
